Elle est sans conteste la plus sexy des destinations africaines pour faire les affaires. Mais elle vaut plus. Désormais, l’Île Maurice va devenir la première plateforme aéronautique de l’Océan indien. Les compagnies de la région pourraient entretenir, réparer, voire construire leurs aéronefs sur place. Un challenge à portée de main.

Indépendante depuis 1968, l’île Maurice est un modèle économique au milieu de l’océan Indien. Aidée par l’Europe, l’île sœur a lancé en 2013 ses usines de transformation de poisson et compte désormais obtenir le même soutien pour son « Hub-Aéronautique ».

Quand La Réunion s’interroge sur son avenir et voit défiler les ministres qui annoncent la création d’emplois aidés, l’île Maurice tente de trouver des solutions pour poursuivre son développement. Indépendante depuis 1968, l’île sœur est bien aidée par l’Europe.

En 2013, alors qu’un port de pêche est construit à La Réunion, le « Sea-Food-Hub » ouvre sur les quais de Port-Louis. Cette usine de transformation de thon avec une main d’œuvre bon marché est financée pour l’essentiel par la CEE (Communauté économique européenne). Une initiative qui va encore se développer dans les prochaines années. Aujourd’hui, le « Sea-Food-Hub » traite en moyenne 300 000 tonnes. Les Mauriciens estiment sa capacité pour les années à venir à 8,6 millions de tonnes.

Forte de ce modèle, Maurice souhaite désormais transformer l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam en plateforme aéronautique ou « Hub-Aéronautique ». Toutes les compagnies de la région pourraient entretenir leurs aéronefs sur place. Cette fois encore, outre la stabilité du pays, les mauriciens mettent en avant un savoir technologique et un coût de la main d’œuvre abordable. Dans le même ordre d’idée, le port de Port-Louis va être transformé pour permettre l’entretien, la réparation et éventuellement, la construction de bateaux.

Mais les ambitions mauriciennes ne se limitent pas aux activités de service. En s’associant aux Seychelles, Maurice veut devenir un Etat-océan. Le pays revendique déjà 2,3 millions de km2 et se rêve en espace maritime pour la pêche, pour l’exploitation pétrolière et minière ; ainsi que le développement des nouvelles technologies en exploitant les eaux profondes des océans et en étudiant les algues.

Dans sa feuille de route, présentée lors du 46ème anniversaire de l’indépendance, le premier ministre Navin Ramgoolam a clairement affiché ses ambitions. Il souhaite que son pays devienne un acteur de la région, mais également du continent africain. L’île sœur vient de créer le Mauritius-African Fund. Cet organisme doit permettre aux sociétés voulant développer des activités dans la zone d’obtenir des conseils à l’instar de ceux fournis par le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) dans 12 secteurs clés de l’économie africaine.

La Rédaction (avec Fabrice Floch)

 

Source : cavie-acci.org